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UJCML ambiance

Ce parti ne se réunissait que à l’École normale supérieur de la rue d’ULM. Les participants et dirigeants faisaient tous partis d’une formation intellectuelle de haut vol.

Les dates se situent après la fin de la guerre d’Algérie (1962) jusqu’aux années 1968 et suivantes.

Quant à moi j’avais raté toutes mes études, pas tout à fait encore autodidacte mais ayant pris ce chemin qui était le seul qui m’était laissé.

En effet dyslexique, inconnu années 1940 et 1950 j’avais vécu les copies de dictées barrées de rouge assorties de 0 pointé, et d’instabilité scolaire, jeté d’école en école.

En pourtant je lisais tout. Des Sartre, Camus, Gide, Freud. Il n’empêche que je me croyais nulle en tout point. Il n’était pas question que je parle. Je passais donc les après-midi de réunion en général le samedi et le dimanche à essayer de déchiffrer ce dont il était question, c’est à dire pas grand chose. Car ces messieurs (les femmes se taisaient années 60, elles étaient là pour les tâches concrètent : taper à la machine ce qui allait être ronéoter, café, distribuer les tracts) parlaient des heures durant. Le tout dans un nuage de fumée de cigarette (auquel je contribuais).

De plus le lieu de réunion était mal éclairé, plutôt sombre. Peu de fenêtre, peu de lumière, en plein jour nous étions dans une semi ombre.

C’était ce qu’on appelait à l’époque : les intellos de gauche engagés qui causaient. Progressaient-ils à l’écoute de chacun ? pas sûr qu’ils s’écoutassent. Ils avaient le plaisir brut d’émettre de longs discours qu’ils étaient sûrs d’une grande intelligence montrant leur excellent raisonnement forcément instructif pour le groupe. Je m’ennuyais copieusement.

Leurs intentions étaient de :

  1. combattre la ligne stalinienne du PCF
  2. se rapprocher des ouvriers en s’enserrant dans des usines
  3. de diffuser le petit livre rouge de Mao
  4. et de former un comité de soutien aux combattants Vietnamiens

Il y avait des petits comités locaux qui se réunissaient chez un des militants pour rassembler plus largement d’autres sortes de quidam, par exemple chez moi. Là nous étions plus concrets et nous nous comprenions dans nos échanges !

Il faut dire que tous ces « braves gens » vont au fil de leur carrière militante devenir sociaux-démocrates et soutenir le PS… même dans sa ligne libérale adoptée par Mitterrand en 1983 qui sera appelé le « tournant », et devenir eux-mêmes des adeptes du capitalisme libéral. Sauf quelques individus qui prendront la tangente vers d’autres organisations tel le PSU ou la LCR pour les trotskistes. La séparation commencera à se faire à propos du soutien à la guerre du Vietnam.

Et pourtant ils étaient parmi les premiers écologistes années 1970. Ce qui m’apparut à partir de mon adhésion au PSU années 70 et jusqu’à ce jour de 2020 comme incompatible.

L’écologie nécessite d’être contre le capitalisme. Le capitalisme libéral ne peut pas se soumettre à l’écologie. Car il s’agit bien d’une soumission à la réalité, alors que l’essence du capitalisme est de faire des profits, et pour se faire déployer toujours plus de consommation, d’énergies polluantes rentables.

Ainsi durant la campagne de Jadot pour les européennes de 2019 je ne pus voter pour lui car il défendait le capitalisme. Je ne sais comment dans sa conscience il peut concilier l’inconciliable ?

 

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