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Chômage

Pauvreté pour cause de chômage 1996-2005

J’ai donc été mise en faillite en 1996/97 (née 12/1941). Parce que, trop honnête, avant de fermer, comme une conne que je suis, j’ai payé tous mes fournisseurs, pensant à tous ces petits vignerons qui étaient mes fournisseurs. Alors qu’il eut fallu ne payer personne car la mise en faillite provoque un révision par le tribunal de commerce de toutes les dettes qui sont réduites, et les débiteurs, multiples, réagissent en ne demandant pas toute la dette. Alors que moi je n’avais plus qu’un débiteur, le pire qui soit : une banque !

Tout le monde m’a rejetée : mon fils, ma sœur et sa famille mais ça c’était depuis les années 70 parce que femme libre insupportable pour mon beau-frère (dont j’ai tardivement découvert qu’il avait caché mes courriers à ma sœur),

Je n’avais plus aucune couverture sécu qui a perdu mon dossier (une AS de le Sécu n’a rien pu faire) suite à un déménagement.

j’ai été dans une association de pauvres : on m’a rejetée car je n’étais pas née pauvre, et que ce n’était que récent,

une Assistante sociale m’a refusée le RMI, parce que j’avais été commerçante et que donc j’avais forcément du fric caché (par 3 fois, muni de tous mes relevés de compte bancaire).

une autre AS auprès de laquelle je demandais une aide très ponctuelle à une mairie, présentant mes décomptes mensuels pour justifier cette demande, m’a dit : « oui en effet vous avez du mal à faire le mois » !

j’ai donc exercé la seule activité possible (personne n’embauche une femme qualifiée si « vieille » on m’a même refusée pour trier des pommes dans des cageots) : les puces et brocantes, par chance dans le Sud à cet époque on pouvait en vivre. J’ai adoré ça : j’ai parcouru des km en voiture (Gard et Hérault), je portais à bras plusieurs tonnes par jour : charger la voiture, la décharger pour expo, la recharger, et re-décharge chez moi, surtout des livres.

Des SDF m’ont aidée en me disant : ne tombe pas, tu serais violée… tu mourrais rapidement.

Depuis je n’ai jamais pu donné 1 € à aucun SDF je les ai pris en grippe, il fut un temps où je les insultais : moi je m’en suis sortie. Très mauvaise réaction, j’essaye de guérir.

Alors oui j’ai besoin de travailler : c’est ma sauvegarde morale.

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