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Nature

Cerisier en fleurs en mars 2020

Fleurissement d’un cerisier

Ce que je vous montre ici c’est la progression du fleurissement d’un cerisier. Je l’ai pris en photo chaque jour. Par chance le soleil était toujours présent. Les heures des photos sont en général l’après-midi, mais il m’est arrivé une d’en prendre le matin.

Je prenais divers aspect de l’arbre, malgré tout toujours du même côté : tournant le dos au soleil, donc vers l’est.

Progression du fleurissement d’un cerisier

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Ma vie passée

Après le viol : enceinte !

Je n’y pense plus. La vie à l’air d’aller comme d’habitude.

Mon mari m’annonce qu’il a un voyage à faire à Cuba.

Mais 2 ou 3 semaines après le viol : pas de règles. Mes règles sont très régulières, j’ai toujours pu m’y fier pour les rapports sexuels ne voulant pas devenir enceinte. Mais dans le cas d’un viol évidemment on ne choisit pas le jour ni l’heure !

Donc je me rends chez mon généraliste. « C’est gros comme une orange » ! Je suis enceinte. Je n’ai jamais pensé de ma vie que je pourrais tomber enceinte un jour, sinon pour l’éviter. Je n’ai jamais envisager devenir mère. C’est totalement hors de ma pensée. Actuellement je suis occupée à reprendre des études, en particulier d’économie en étudiante libre à la fac.

Mon médecin me prescrit des piqûres « pour faire partir cet embryon, mais comme c’est interdit vous ne pouvez pas le faire faire par une infirmière, vous devez les faire vous-même« .

J’ai oublié comment je me suis procurée le liquide, sans doute à la pharmacie.

Le même jour mon mari part pour Cuba pour un séjour d’une semaine. Curieux exactement le temps que vont durer les piqûres ! Les hasards de la vie sont parfois bizarres ! Et je garderai durant des dizaines d’années une image de Cuba repoussoir.

Me voilà donc attentive à procéder de la manière la plus sécurisante : faire bouillir l’aiguille et la seringue dans une petite casserole (elle était rouge en émail) le temps nécessaire (au moins 5 minutes) pour qu’elles soient bien stérilisées. Après je fais venir le produit dans la seringue à l’aide de l’aiguille plantée dans le « couvercle » en caoutchouc du flacon qui contient le liquide.

C’est à partir de là que ce fut très difficile. Je dois planter cette aiguille dans ma cuisse. Je n’y arrive pas ! Quelle angoisse. Je choisis le centre de la cuisse et j’élance l’aiguille pour la planter. Non impossible. Je m’y reprends à plusieurs reprises. Impossible. Je me raisonne : t’as le choix ? Non. Alors fais le.

Ainsi durant 7 jours, chaque après-midi c’est l’angoisse, je dois planter l’aiguille dans ma cuisse et je n’y arrive pas. Personne pour m’aider. Je n’ai pas le choix, je ne veux pas d’enfant.

Il faut dire aussi que durant cette période je me sentis très fatiguée. Après le repas de midi je devais faire une sieste d’environ 1 heure. En me réveillant j’étais comateuse. Et c’est à ce moment là que j’avais prévu de faire la piqûre.

Pourquoi je ne la faisais pas plutôt le matin ? Je n’en sais rien. Sans doute pour reculer le moment ?

En fait, vu de maintenant, je sais que je commençais une dépression, dépression qui se transforma en anorexie qui durant 7 ans.

Quand mon mari revint les piqûres étaient effectuées. Il n’en a rien vu. Il s’est à peine préoccupé de savoir comment ça s’était passé. Après pas plus d’ailleurs.

Mais rien ne se passa, l’embryon resta en place : j’étais enceinte. Que faire ? J’étais totalement désarmée. Il restait l’avortement. Mais je n’en avais jamais entendu parlé autour de moi. De plus c’était passible de 20 ans de prison d’après la loi française qui datait de Pétain.

Mon mari et moi n’en parlaient pas.

Il devait aller faire une prospection d’hôtels de sport d’hiver près de la Suisse. Nous allâmes donc en Suisse. Je ne me souviens pas des détails,

mais deux évènements me sont restés dans la tête en images :

  1. à l’hôtel mon refus de tout contact sexuel avec lui et sa surprise
  2. l’arrêt en voiture devant la clinique où je devais me faire avorter. Il pleuvait. Il arrêta la voiture juste devant et attendit ma décision. Nous n’avons parlé de rien. Nous étions d’un naturel aussi peu bavard l’un que l’autre.

Je n’ai pas vraiment pris de décision. En fait il redémarra, moi assise à côté de lui, par manque d’esprit de décision.

Sauf que ne pas prendre de décision c’était : avoir un enfant.

Il naquit 9 mois plus tard. Il est toujours vivant. Il a 56 ans. Et ne m’adresse plus la parole depuis plus de 20 ans.

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Vie en bonne santé

Intestin irritable : fibres solubles et fibres insolubles

L’intestin irritable

C’est une altération des parois de l’intestin handicapante par la douleur insupportable qu’elle inflige au malade.

La médecine ne la voit pas. Elle reste indétectable par les voies habituelles d’explorations. Un médecin ne peut la détecter. Ce n’est que par l’écoute de son patient qu’il va en avoir connaissance. Encore faut-il qu’il le croit sur parole, ce que beaucoup de médecins sont incapables de faire. Le malade se retrouve la plupart du temps seul et démuni.

Une cause psychologique ?

Il est dit que cette maladie aurait une cause psychologique. Dans mon cas je pense que cela est une cause possible. En ce qui me concerne c’est le moment où les femmes commencèrent à parler sur les abus sexuels qu’elles ont subi, pour ma part j’étais dans une situation contradictoire d’une part enfin les femmes parlaient, d’autre part tous mes chocs se sont mis à tourner dans ma tête journellement. Mais avait aussi une raison « objective » d’attaques de champignons durant une année qui avait été mal soigne et dont il avait été difficile à venir à bout.

Voici maintenant comment j’en suis venue à bout

J’ai essaye différentes méthodes :

  • des antispasmodiques
  • une bouillotte sur le ventre
  • des tas de compliments alimentaires qu’on trouve un peu partout sous forme de levures diverses, d’ensemencement de l’intestin : ça finit pas être lassant et surtout degardarnir le porte-monnaie !
  • Et enfin j’ai fini par me resoudre à revenir aux bases de l’alimentation et alors là en peu de semaines tout se retabli !

Régimes alimentaires

Depuis une vingtaine d’année je ne supporte plus aucun laitage, grâce à une médecin qui m’avait prescris des anti-inflammatoires pour mes articulations. J’avais fini par avoir des diarrhées irrépressibles qui me détruire définitivement certaines parois de l’intestin, et je dus ne plus jamais me nourrir de laitages. Peu importe on vit très bien sans, c’est ce que font les Asiatiques et leur squelette est tout à fait normal et solide. Le calcium se trouve : dans l’eau du robinet, les légumes, et éventuellement les fromages, de préférence à lait cru. La propagande faite incessamment en France est à destination de l’enrichissement de Danone, rien d’autre !

Concernant l’intestin irritable le mieux est de surveiller son alimentation, sans rien ajouter, et d’avoir un équilibre alimentaire très riche en légumes frais et cuits, et de ne plus se nourrir que des légumes avec des légumes à fibres solubles dans l’eau, et d’écarter définitivement les fibres insolubles. En voici une liste la plus complète possible :

FIBRES SOLUBLES PAR ORDRE alphabétique

Céréales :

Le pain de seigle. Seigle, pain de seigle (pumpernickel)
Le pain de son d’avoine (sans blé entier), les céréales d’avoine, la farine d’avoine.
Avoine (flocons, son, farine), céréales d’avoine type Cherrios original
L’orge, la farine d’orge, les céréales d’orge.
Le sarrasin.
Kamut
Millet
Orge (crème, farine, céréales)
Psyllium (Ispaghul)
Millet
Psyllium (Ispaghul)
Quinoa
Riz basmati
Sarrasin

 

Légumes :

asperge,
aubergine,
artichaut,
asperge,
avocat,
betterave,
carotte,
courgette, courge,
champignon,
céleri feuille,
endives,
épinard,
haricot vert,
igname,
laitue,
oignon cuit,
panais,
poireau (blanc),
poivron,
pomme de terre sans la peau ((max 2x/sem, à la vapeur ou à l’étouffée et éviter la purée), patate douce.
potiron,
tomate sans peau et épépinées,
vert de blette

Fruits :

Orange,
Pamplemousse,
Nectarine,
Pêche.

FIBRES INSOLUBLES à ne jamais consommer :

Céréales :

Le blé entier, le son de blé, le pain au blé entier.
Le pain aux multi graines, le pain aux graines de lin.
Les pâtes au blé entier.
Le boulgour.
Le maïs entier.
L’épeautre.
Les céréales aux multi graines, les céréales de Type All Bran.

Légumes :

Pomme de terre avec sa peau,
chou de Bruxelles, brocoli,
pois.

Fruits :

Poire, pomme, fruits séchés (pruneaux, figues, dattes), papaye.
Les graines de lin.
Les légumineuses.

ET JE VOUS AFFIRME QU’AU BOUT DE QUELQUES MOIS DE CE RÉGIME TOUT REDEVIENDRA NORMAL ET VOUS POURREZ À NOUVEAU CONSOMMER DES FIGUES, DU MAÏS, DES PETITS POIS, DES légumineuses…

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à Jean-François Porchez Politique

J-F Porchez trahit la tradition familiale antisioniste

Son aïeule Juive Russe antisioniste

J-F Porchez est le petit fils d’une femme immigrée Russe. En 1905 elle fut Menchevik et posa quelques bombes (d’après ce qui me reste de ce dont elle me parla). Cette première révolution russe échoua. Recherchée par la police du Tsar elle dut fuir, comme beaucoup d’autres dont Lénine, et vint se réfugier en Suisse. Pour rappel il y avait eu une rupture entre Mencheviks et Bolcheviks en 1903.

J’ignore les détails de son exil, dont la date, la durée, les conditions de vie en Suisse. Je suppose qu’elle séjourna, malgré ses divergences, à Genève là où était la majorité des exilés Russes pour raison politique, dont Lénine lui Bolchévik.

Là elle rencontra un homme. Se maria-t-elle avec lui, je ne sais pas, mais elle devint enceinte et naquit de cette union une fille : Irène. Cette dernière se maria et mit au monde un fils, avec lequel je me maria et dont j’eus un fils : Jean-François Porchez né le 4 décembre 1964.

Puis elle migra à Paris.

Cette femme était très cultivée selon les normes de la bourgeoisie de Saint-Pétersbourg. Elle parlait allemand et français. Quand je fis sa connaissance en 1963 elle n’avait pas vraiment d’accent en parlant français. L’avait-elle perdu au fil de son exil, ou n’avait-elle pas d’accent dès son départ de Russie ?

J’ignore beaucoup de choses de la vie de cette femme. Je le regrette vivement. Je n’ai pas osé poser les questions, par manque de sureté de moi, et surtout par peur d’être indiscrète. Quelle bêtise !

Guerre des six jours en 1967

Je me souviens très bien de la réaction de cette femme concernant l’état d’Israël. Elle était comme sont beaucoup de Juifs, qu’ils vivent en Israël ou dans d’autres pays : ils sont contre la politique d’Israël de prise de possession de tout un territoire en persécutant et excluant tous les habitants non Juifs appelés Palestiniens.

Ils sont nommés « antisionistes ». La grande partie des Juifs n’ayant jamais émigrés en Israël sont (pour la majeure partie d’entre eux) contre la création de cet état. Leur vie est dans le pays qu’ils ont ou non choisi. Un peu partout dans le monde. Et même en Israël des habitants Juifs sont en désaccord avec la politique de leur gouvernement d’envahissement et de persécution des Palestiniens.

Famille juive antisioniste de J-F Porchez

Donc la tradition des ancêtres, de génération en génération, de J-F Porchez est d’être antisioniste.

Mais ce dernier a pris publiquement position pour la politique de Macron de faire une loi contre tous les gens qui seraient et affirmeraient être antisioniste.

C’est confondre antisioniste et antisémite, alors que les deux n’ont pas de rapport l’un avec l’autre :

  1. Antisémite : racisme à l’encontre de tous les Juifs, qu’ils soient athées (et ils sont nombreux) ou pratiquants. Qu’ils vivent en Israël ou dans tout autre lieu/état.
  2. Antisioniste : toute personne, juive ou non, vivant en Israël ou partout ailleurs dans le monde, étant contre la politique de l’état d’Israël violente de prise de possession de territoire qui ne leur appartient pas et persécutant toute personne qui l’habite autre qu’un Juif.

Ainsi il trahit ses origines. Le but étant sans doute de se soumettre à toute politique de Macron, par intérêt de sa carrière ?

Le but de Macron est-il de faire des procès aux Juifs Français qui seraient antisionistes ?

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à Jean-François Porchez Politique

1967 ma position antisioniste

Je me souviens.

J’étais mariée et mère d’un fils né en décembre 1964.

Mon mari était juif par sa mère. Comment l’avais-je appris ? aucun souvenir. Ou plutôt je crois que c’était en faisant connaissance de ses parents dont étaient vivantes en 1963 : sa mère et sa grand-mère. Cette dernière avait été Menchevik à Saint-Pétersbourg qu’elle avait du quitter en 1905 à l’âge de 19 ans. Une tradition alimentaire restait juive ou russe, je ne sais : le thé noir et fort qu’on buvait en mettant un sucre dans la bouche, quelques plats, les beignets, les petits pains fourrés de viande, les « côtelettes » mot désignant une manière de cuire le veau…

Des Juifs j’en avais connu dès ma jeunesse : amis de mes parents. Juifs Bulgares en particulier dont les enfants étaient mes amis, la fille particulièrement dont le visage s’ornait d’un nez au-dessus de la moyenne. Elle, complexée, l’avait fait refaire avec la complicité de sa mère, en cachette de son père, qui, quand il la découvrit avec ce nouveau visage la renia « tu n’es plus ma fille »… reniement qui ne dura pas longtemps évidemment.

Pas de racisme dans ma famille, merci à mes parents, plus particulièrement à mon père qui avait épousé ma mère immigrée italienne juste parce qu’il l’aimait, son origine était le dernier de ses soucis !

Mon premier amour de jeunesse, Jacques Abran, était juif, lui aussi, et d’autres rencontres, surtout des garçons, Louis…. Tous avaient en commun d’être athée et de gauche.

Donc la fréquentation des juifs formait mon ordinaire. Quelques amis de mon mari étaient juifs, ils s’additionnaient aux autres parmi mes connaissances.

Cet « ordinaire » de fréquentation je le poursuivis durant de longues années, quelques Juifs me nommèrent « des leurs », soit Juive, ce que je pris comme une intégration inaccoutumée et un honneur, car c’était une intégration par l’esprit, le mode de pensée et d’être.

En 1967, peu après juin, je me souviens plus particulièrement d’une réunion amicale dans un modeste château appartenant à l’un des amis de mon mari. Ils avaient tous, plus ou moins, fait du soutien au FLN, porteurs de valises, et condamnés par la justice française.

Au cours de cette réunion chauffée par les récents événements de la guerre des 6 jours, nous échangions sur nos comportements présents et à venir vis-à-vis d’Israël. Nous étions tous contre cette guerre. Sauf un. Philippe. Ce prénom dénotant le choix de ses parents de le protéger, car né durant les années 1940.

Ce Philippe avait un surnom : « petit juif ». Pourquoi ? je suppose qu’il devait se revendiquer plus juif que les autres. Bien que tous étaient athées… jusqu’à ce jour de juin 1967.

Car Petit juif pris parti pour Israël. Il se fit charrier par ses « amis de guerre » ceux avec lesquels il avait combattu contre la guerre coloniale française contre l’Algérie.

Ses autres compagnons ne se fâchèrent pas avec lui et ne prirent pas une position hostile à son égard, mais le mirent en boite tant et plus. Surtout qu’il devint pratiquant, et épousa, le seul de la bande, devant un rabbin dans une synagogue, une femme croyante et pratiquante.

Puis la vie aidant chacun pris son chemin de vie. Tous, sauf Petit juif, restèrent fidèles à eux-même : athées et anti-sioniste. Finalement le surnom avait été prédictif.

Les récents évènements antisémites, qui de mon point de vue, ne sont que répétions, mais ne comportent rien d’exceptionnels, sinon que les médias et les réseaux sociaux les font plus ressortir que ceux les précédent : en particulier du fait du gouvernement français actuel qui envisagerait de rendre la position « antisioniste » passible de condamnation. Envisage-t-il de condamner tous Juifs Français ou d’autres origines qui se sont toujours revendiqués antisionistes ?

Et voilà que je découvre avec peine que mon fils, Jean-François Porchez, macroniste déclaré depuis le début, sur les réseaux sociaux n’a plus que comme sujet principal ces événements, et serait devenu sioniste !

Il trahit ainsi toute sa filiation.

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UJCML ambiance

Ce parti ne se réunissait que à l’École normale supérieur de la rue d’ULM. Les participants et dirigeants faisaient tous partis d’une formation intellectuelle de haut vol.

Les dates se situent après la fin de la guerre d’Algérie (1962) jusqu’aux années 1968 et suivantes.

Quant à moi j’avais raté toutes mes études, pas tout à fait encore autodidacte mais ayant pris ce chemin qui était le seul qui m’était laissé.

En effet dyslexique, inconnu années 1940 et 1950 j’avais vécu les copies de dictées barrées de rouge assorties de 0 pointé, et d’instabilité scolaire, jeté d’école en école.

En pourtant je lisais tout. Des Sartre, Camus, Gide, Freud. Il n’empêche que je me croyais nulle en tout point. Il n’était pas question que je parle. Je passais donc les après-midi de réunion en général le samedi et le dimanche à essayer de déchiffrer ce dont il était question, c’est à dire pas grand chose. Car ces messieurs (les femmes se taisaient années 60, elles étaient là pour les tâches concrètent : taper à la machine ce qui allait être ronéoter, café, distribuer les tracts) parlaient des heures durant. Le tout dans un nuage de fumée de cigarette (auquel je contribuais).

De plus le lieu de réunion était mal éclairé, plutôt sombre. Peu de fenêtre, peu de lumière, en plein jour nous étions dans une semi ombre.

C’était ce qu’on appelait à l’époque : les intellos de gauche engagés qui causaient. Progressaient-ils à l’écoute de chacun ? pas sûr qu’ils s’écoutassent. Ils avaient le plaisir brut d’émettre de longs discours qu’ils étaient sûrs d’une grande intelligence montrant leur excellent raisonnement forcément instructif pour le groupe. Je m’ennuyais copieusement.

Leurs intentions étaient de :

  1. combattre la ligne stalinienne du PCF
  2. se rapprocher des ouvriers en s’enserrant dans des usines
  3. de diffuser le petit livre rouge de Mao
  4. et de former un comité de soutien aux combattants Vietnamiens

Il y avait des petits comités locaux qui se réunissaient chez un des militants pour rassembler plus largement d’autres sortes de quidam, par exemple chez moi. Là nous étions plus concrets et nous nous comprenions dans nos échanges !

Il faut dire que tous ces « braves gens » vont au fil de leur carrière militante devenir sociaux-démocrates et soutenir le PS… même dans sa ligne libérale adoptée par Mitterrand en 1983 qui sera appelé le « tournant », et devenir eux-mêmes des adeptes du capitalisme libéral. Sauf quelques individus qui prendront la tangente vers d’autres organisations tel le PSU ou la LCR pour les trotskistes. La séparation commencera à se faire à propos du soutien à la guerre du Vietnam.

Et pourtant ils étaient parmi les premiers écologistes années 1970. Ce qui m’apparut à partir de mon adhésion au PSU années 70 et jusqu’à ce jour de 2020 comme incompatible.

L’écologie nécessite d’être contre le capitalisme. Le capitalisme libéral ne peut pas se soumettre à l’écologie. Car il s’agit bien d’une soumission à la réalité, alors que l’essence du capitalisme est de faire des profits, et pour se faire déployer toujours plus de consommation, d’énergies polluantes rentables.

Ainsi durant la campagne de Jadot pour les européennes de 2019 je ne pus voter pour lui car il défendait le capitalisme. Je ne sais comment dans sa conscience il peut concilier l’inconciliable ?

 

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Parcours politique 1- UJCML, PSU

Toujours de gauche j’apparais instable

J’ai beaucoup changé de parti politique, mais ce sont les partis qui ont changé, pas moi.

Si bien que quand on me demande d’où je viens la liste est longue et doit être expliquée.

Les gens sont déstabilisés. Ils ont l’habitude d’avoir en face d’eux des gens qui dans leur jeunesse, le plus souvent par héritage de leurs parent, sont entrés dans un parti et n’ont plus bougés.

Ceci est particulièrement vrai pour le Parti socialiste (créé en 1973) et le Parti communiste (créé en 1920, dont l’anniversaire est fêté cette année).

Qu’y puis-je si les partis changent ?

Mes parents étaient gaullistes à partir de de Gaulle, qu’étaient-il avant ? je ne sais pas. Dans tous les cas ils n’étaient pas racistes, c’est, de nos jours, une grande qualité.

Dans mon enfance je ne prêtais pas du tout attention à la politique. Bien que je lisais beaucoup d’auteurs qui l’étaient (Sartre, Gide, Camus).

À la limite je ne me suis même pas aperçu des « événements en Algérie » telle que cette guerre était nommée !

Ma politisation fut presque instantanée. Durant un voyage que je faisais sur la côte Adriatique de la Yougoslavie, l’accompagnateur (qui devint mon mari) me parla de la guerre d’Algérie. Il revenait d’un séjour d’un an dans ce pays, et surtout, avait fait du soutien au FLN et 3 mois de tôle en France. Il m’expliqua le sens de cette résistance. Et le mot « liberté » fut la clef qui m’ouvrit à la compréhension de ce qu’était la politique et ses combats. Et ce fut pour toujours. J’étais loin de me projeter dans l’avenir et de penser que ce serait pour toujours !

PCF

Mon mari et moi adhérions milieu des années 60 au PCF. Très vite nous fûmes mis en procès pour notre position sur la Chine : que sa révolution avait été faite par les paysans. Pour le PCF c’était un crime d’avoir une telle théorie, par sa position léniniste il affirmait que c’était faux car ce n’était que les prolétaires qui faisaient la Révolution. Problème majeur : l’histoire de la révolution de la Chine, qui commença années 30 (la Longue marche) et sortie vainqueur en octobre 1949 a été faite par les paysans ; une première révolte à Canton années 1930 avaient été réprimée dans le sang ; on ne trouvait des usines que dans quelques grandes villes (Shanghai, Canton) les millions de Chinois étaient majoritairement des paysans.

Après plusieurs mois de procès, nous fûmes exclus. Et je ne digérais jamais que la lettre indiquait à mon sujet « et sa femme« . J’en reparlerai…

 

Chine révolutionnaire

En 1965 je m’intéressais à la guerre du Vietnam qui en était à son début. Et à la Chine.

Concernant la Chine j’avais lu Pearl Buck durant mon adolescence et donc je connaissais bien la Chine, celle du 19ème et début du 20ème plus particulièrement.

Un parti fut créé par des étudiants de l’école normale : l’UJCML. N’ayant pas fait d’études (pire que ça encore) j’étais très complexée face à ceux qui m’apparurent comme des « savants ». Si bien que je ne prenais pas conscience que j’en savais plus qu’eux sur la Chine !

Les médias, les adversaires (même de gauche) dénommèrent ce parti « maoïste » les adhérents des « Mao ». Nous, nous nous dénommions « ML » raccourci de « communistes Marxistes Léninistes ».

Pour ma part je ne me sentis jamais « adoratrice » de quelque dirigeant que ce soit, jamais soumise, jamais sous la coupe de qui que ce soit.

Depuis j’ai évolué, j’ai fait sauter le L car je reste marxiste, mais plus rien de léniniste, que je connaissais mal à l’époque.

PSU

Là encore que de malentendus ! les gens retiennent celui qui reste célèbre dans les têtes car il fut ministre de Mitterrand : Michel Roccard. Ils oublient qu’il était dans le groupe qui créa le Parti socialiste en 1973. Le PSU était antilibéral, écologiste. Il fut un des soutiens de LIP.

J’ai gardé jusqu’aujourd’hui la culture militante et d’idées du PSU. Peut-être que le fait d’être peu nombreux me convenait. L’avantage est qu’il y avait peu d’écart entre les dirigeants et les militants. Nous étions égaux. J’en garde le souvenir concernant Bernard Ravenel que je voyais chez lui. Nous étions assez déprimés par les départs nombreux de militants et dirigeants du PCF pour sa rigidité et son stalinisme qu’il garda encore longtemps…

programme du PSU 1978
programme du PSU 1978

 

 

 

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à Jean-François Porchez Éducation de mon fils

Mon fils J-F Porchez ne m’a pas protégée contre les violences que je subissais

Mon fils J-F Porchez ne m’a pas protégée contre les violences que je subissais.

En 1993, grâce à l’aide d’un ami j’avais réussi à vider l’homme avec qui je vivais.

Il était alcoolique

À jeun il était tout à fait agréable, malheureusement il était alcoolique et au moins 1 fois par semaine il ne contrôlait plus rien, et moi j’étais effrayé : il n’était plus le même homme, l’homme que j’aimais.

Cet alcoolisme il l’avait acquis par deux raisons : son père l’était, et ce dernier était violent avec un fils ainé, d’un autre père, frère de mon compagnon. Cet enfant avait un comportement difficile.

Le père enferma ce fils ainé dans la cave à partir de l’âge de 13 ans. Il n’était pas de lui. Il avait épousé sa mère, qui lui « donna » trois autres enfants : l’homme avec qui je vivais, ainé donc de ce second lit, une sœur et un frère.

Ce fils ainé devint psychotique

Il fut donc enfermé en hôpital psychiatrique, et mon ami, à partir de l’âge de 18 ans, accompagnait sa mère en voiture pour aller le visiter et le visiter lui-même. Ces événements m’ont été relaté par mon compagnon, six mois après le début de notre vie commune, devant sa sœur et sa mère, sous alcool.

G. devenait sous l’emprise de l’alcool environ 1 fois par semaine. Alors il se déchainait. Et le lendemain, malade dans son lit pour cuver, il avait tout oublié.

Voilà ce qu’il faisait sous alcool : cela se passait toujours de nuit, à partir du soir tard. Il se mettait à jouer de la guitare électrique, ce qui faisait un bruit infernal pour tous les voisins (qui n’ont jamais pipé mot) et ce mettait à m’insulter des heures durant.

Des fois il tombait raide inconscient. Cela me faisait une peur horrible de sa mort. Devenu d’une lourdeur horrible impossible de le bouger d’un 1 cm.

Toute personne extérieure ne pouvait soupçonner ces états terribles.

Au bout des six mois de son vidage de chez moi j’avais perdu 10 kg, en fait j’avais refait une crise d’anorexie. Mais je continuais à travailler tous les jours. Il me harcelait par téléphone et courrier.

J’allais voir mon fils

Je finis par aller voir mon fils, chez lui à Paris. Je ne l’avais tenu au courant de quoique ce soit. M’enfin il ne me posa aucune question sur ma vie, sur mon compagnon, il ne vit pas que j’avais perdu 10 kg !

Je n’osais lui raconter quoique ce soit, j’avais honte. Honte d’aimer, de vivre avec un alcoolique, de plus violent.

Et ce compagnon téléphona à mon fils à Paris durant mon séjour. Mon fils, naïf, ou bien content de se débarrasser de moi, m’incita à me remettre en couple avec lui. Ce que je fis. Je lui fis promettre de faire une cure pour se soigner. Il me promit tout, tout, tout. Et je le crus. Et je suivis les conseils de mon fils : je me remis en couple avec ce compagnon.

La suite je vous la raconterai, car ce fut le début de ma descente dans l’enfer de la pauvreté, l’interdiction bancaire, le surendettement. Et mon fils ne me parla plus jamais, ne me posa jamais aucune question, m’accusant implicitement de tous les maux de la terre.

 

 

 

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Ma vie passée

Les violences sexuelles que j’ai vécu depuis ma jeunesse

Il se trouve que ma vie fut « riche » de chocs sexuels divers :

Inceste maternel durant l’adolescence

– le crime tabou, les femmes seraient parfaites ! au niveau psychique il me semble que c’est plus grave, plus de conséquence sur la construction de l’être ainsi atteint par l’être d’où l’on est sorti et qui est sensé prendre soin de son corps au quotidien pour sa survie. À tout hasard je vous recommande un livre de témoignages sur le sujet : L’ultime tabou, de Anne Poiret, éditions Patrice Robin, 2006.L'ultime tabou

viol par mon mari à 22 ans

, d’où naquit mon fils, et qui me valut 10 ans d’anorexie mentale… qui je crois était la conséquence de ce rajout au 1er choc vécu.

50 ans

: vie et passion avec un homme alcoolique qui faisait sa crise d’insultes une fois par semaine en général la nuit, de minuit à 4 heures du matin, pas de violence sur mon corps, quelques objets qui volaient et des portes qui claquaient ; il ne faut pas minimiser le pouvoir des insultes ; un jour j’ai appelé les gendarmes… ils m’ont emmenée à l’hôtel, laissant mon partenaire chez moi, car il s’agissait de ma maison ; mais on est bien avancé à l’hôtel ! il faut bien se rapatrier chez soi dans les jours suivants, où tout continue comme avant. Je dois dire que alcoolisme et anorexie sont de nature exactement inverse, je nous ai ressenti très vite comme les positif/négatif d’une même photo. L’attirance était donc très difficile à dépasser.

Tous ces faits ont été ignorés de ma famille. Impossible de dire à mon fils qu’il était le fruit d’un viol, impossible aussi de dire que j’ai subi des pulsions (répétitions de ce que j’avais subi au même âge) durant son adolescence et que je devais le fuir pour le protéger de moi-même et me protéger moi-même de ces pulsions épouvantables. Il croyait que je l’abandonnais.

Je me suis baignée dans la lecture de Freud et d’autres dès l’âge de 19 ans. Cela m’a aidée, mais était tout à fait insuffisant.

j’ai « oublié » l’inceste maternelle des dizaines d’années, inceste et viol sont arrivés à ma conscience à l’occasion d’une analyse que je pus entreprendre à plus de 40 ans. Et encore, concernant l’inceste le mot pour le désigner m’est arrivé vers la soixantaine, en analyse je le décrivais sans le nommer. Le mot inceste désignant l’acte perpétré par le père, la mère en serait indemne. Il me fallut donc du temps pour comprendre que les deux actes sont de même nature et qu’il n’y a qu’un seul mot pour le dire : inceste.

Alors le mot « féminicide » est trop restreint car il se cantonne à la mort. Sinon je n’ai pas de proposition pour un mot, mais seulement une phrase « violences perpétrées sur le corps des femmes ».

Cependant il y a une évolution positive car en même temps on commence à questionner le patriarcat qui aurait quelques millions d’années. Par exemple en France les enfants reçoivent automatiquement le nom du pourvoyeur de spermatozoïde, le ventre d’où ils sortent compte pour du beurre.

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Chômage

Angoisses et vécus presque SDF 1996

Elle se sentait seule, lâchée par tous. Où était l’application de ses belles idées qu’elle avait été de ceux qui les propageaient, donnant de l’espoir à la vie. Qu’est-ce que la vie sans espoir et sans rêve ? Comment vivre quand on a plus d’espoir ? Et c’était bien ce dans quoi elle se débattait. Survivre quand même. Pour ce battre et vaincre. Se battre et vaincre quoi ? Les événements qui abattaient sa vie. Les événements qui l’accablent. Elle ne veut pas être accablée. Elle veut y arriver. Pour arriver où ?Nulle part. S’en sortir. Sortir de la merde dans laquelle le chômage et l’âge l’avaient mise.

Elle avait été fière d’arriver à être cadre. Et maintenant presque SDF. La rue était là devant, à sa portée, il lui suffisait de lâcher un peu. Mais non parce que la panique l’étreignait. Quand elle croise des mains qui se tendent elle les agresse verbalement : « moi si ça se trouve je suis plus pauvre que vous, mais moi ça ne se voit pas », « moi j’ai des dettes en plus », « faut pas se fier à l’apparence, je suis plus pauvre que vous ». La main n’était pas anonyme. Au-dessus un regard, une peau, des cheveux, des vêtements. Le regard était à éviter où à voir après tout le reste. La peau était souvent dans la nudité de l’écorchure des intempéries, rosée, flasque par manque de nourriture équilibrée et de trop du vin grossier qui fait partir l’esprit ailleurs, les vêtements étaient portés depuis des jours, des semaines, des mois peut-être, portées dans toutes occasions par tous les temps, couchés, assis ou debout, sous une couverture ou sous un carton, face à l’autre dans la nudité de la crasse. Ils sont nus face à nous, nus parce que sans intimité cachée, tout est à découvert, face à l’autre qu’il faut affronter jour après jour, heure après heure, jamais sans le regard de l’autre, inconnu qui passe, indifférent, absent dans ses propres préoccupations. Il tend la main, elle, plus rarement, tend la main. Elle demande, il demande. Comment font-ils ? Le regard ? Souvent délavé de toutes pensées, ou alors agressif pour tenir le coup, fuyant, « pas franc du bonnet » parce qu’il est dans l’incapacité de porter ce qu’il vit. Il voudrait dire : « je quémande, mais je n’ai rien voulu, je n’ai rien demandé, pourquoi moi, pourquoi je suis là …alors je ne pense plus, je n’ai plus rien dans la tête parce qu’il y aurait trop de choses à penser, parfois je cris, je gueule…alors une p’tite pièce mmame… »

Catherine se bat simplement pour ne pas vivre ça. L’humiliation en est insupportable. Mieux vaudrait se tuer avant.

Se tuer. Sur la route des fois elle a envie de laisser sa voiture se déporter gentiment sur la gauche et ainsi rentrer dans le camion qui arrive en face. Il suffit de peu. Elle n’a pas vraiment peur, mais elle se dit simplement que ce ne serait pas raisonnable. C’est seulement la raison qui l’empêche de le faire. Elle ne sait même pas si elle a vraiment envie de mourir ou pas. Simplement en finir parce que c’est trop lourd. Les événements sont trop lourds. Elle n’y arrive pas. Et puis chaque jour a sa dose. La fin de tout ça…qui n’en finit pas. Ou est le bout ? Elle n’en voit pas. Comment et pourquoi ça s’arrêterait ?
Quand elle avait déménagé elle s’imaginait partir vers une nouvelle vie. C’était vrai. Mais la nouvelle vie qui commença était exactement l’inverse de ce qu’on entend par nouvelle vie. Une nouvelle vie est en général entendue dans un sens de bonheur, de légèreté. Et là c’était tout autre chose. Elle était engluée dans quelque chose dont elle ne maîtrisait rien.
Elle avait cru bien commencer. La maison qu’elle avait choisie avait l’air d’avoir une bonne atmosphère. Elle croyait à l’âme des maisons. Elle avait été habité par une femme seule, qui d’après son enquête dans le village avait « du caractère » et était gentille, comme elle. Elle avait cru comprendre qu’elle avait été instit. Ses parents avaient tenu une épicerie dont il restait la trace dans le village. La trace seulement par la devanture de bois fermée depuis longtemps, avec l’enseigne écrite en beige sur marron à la peinture brûlée et écaillée.

La maison comportait deux étages sur cave, un petit jardin encerclé de murs hauts qui la protégerait des voisins. Il n’y avait que le perron qui surplombait la vue dans chacun des deux jardins des voisins puisque la maison était surélevée. La cave était en rez-de-chaussée. La cheminée de la première pièce lui paraissait essentielle. Il suffisait de faire faire quelques travaux pour aménager une salle de bains, de l’isolation toiture, et rajeunir la cuisine encore en 1950 voire 1930. Celle-ci avait un certain charme ainsi mais sans les conforts indispensables en prises électriques, hauteurs de plans de travail, place pour le réfrigérateur etc.

Elle s’était donc mise en quête d’un ouvrier. L’un lui avait proposé de faire tout au noir avec elle comme aide. Il avait l’air de tout trouver simple à faire. Elle avait choisi le second qui était maçon de profession et avait une équipe.

La question de savoir si, si elle avait choisi le premier tout se serait mieux engagé restera toujours sans réponse.

Elle demanda au maçon choisi s’il connaissait un bon électricien. Il lui en indiqua un.

Et tout commença d’aller mal. Les travaux débutés en octobre qui devaient être fini en un mois maximum n’étaient pas fini en janvier.

Son angoisse commença au bout d’un mois. La poussière de ciment dans l’air, l’eau au sol étaient dans la pièce où elle était sensé se tenir la journée. Aucune autre pièce n’était vivable. Le deuxième étage ne comportait que son lit dans une pièce non chauffée et tous les cartons du déménagements non encore ouverts : le désastre et le cafard personnifiés, bien suffisant à entrevoir le soir éclairé simplement par le chevet qui n’éclairait que le livre qu’elle essayait de lire. Déjà fixer son attention sur des lignes étaient difficile. En bas, d’un côté la cuisine non aménagée, de l’autre le chantier proprement dit pour la future salle de bains. Il ne restait que cette pièce où était la cheminée mais qui était aussi la pièce inévitable de circulation d’allées venues des ouvriers du dehors vers leurs dalle de ciment, carreaux de plâtre pour les murs, carrelage futur, baignoire, lavabo, WC en désordre dans les lieux et bougés selon les activités du jour.

Le premier mois elle avait habité en location chez des gens charmants, mais voyant les finances se réduire elle dut habiter chez elle, dans le chantier. Le retard des ouvriers devint un poids quotidien. A quoi occuper ses journées quand des ouvriers parlent et font tous les bruits nécessaires à des travaux ? Peut-on tenir une conversation téléphonique ? Peut-ont lire des annonces et y répondre ? Peut-on parcourir des relevés de banque et les analyser ? Peut-on aller sur internet chercher des sites ? Peut-on simplement penser ?

Le devis annoncé avait déjà effectué un saut de vingt pour cent supplémentaire alors que rien n’était achevé. Restait la cuisine et la toiture après la salle de bains.
A Noël, la cuisine mal faite, la toiture fuyant, les sommes versées jamais assez suffisantes, elle avait fait appel à un huissier pour faire un relevé des travaux et des mal façons.
Là indiquant à l’huissier les fuites, le ciment, le sol bombé, les murs non lisses, le plan de travail non fixé et trop haut, elle avait bien faillit craquer devant lui parce qu’il était un homme charmant, effaré de ces travaux ni fait ni à faire en un temps si long.

Le maçon n’avait jamais été maçon. Il ne savait même rien faire de ses mains et ne faisait que commander à des ouvriers vieux qui connaissaient mieux le travail que lui mais étaient dispersés par des ordres autoritaires et toujours à contre temps.

De plus il s’en prit à Catherine qui ne voulait plus rien verser. Sous les menaces et insultes par téléphone et les hurlements un jour, où heureusement elle n’était pas seule, faits à sa porte avec bras levé, elle courut porter plainte à la gendarmerie. Il se calma à peine. Elle confirma par lettre recommandée qu’elle ne verserait plus rien, et même que c’était lui qui lui devait des dommages-intérêts.

Au bout du compte elle se retrouvait dans une maison non finie. Elle dut entreprendre des travaux d’appoint, seule, truelle en mains.

Dans le même temps elle était sensé gagner sa vie. Pour la gagner elle avait le choix entre une occupation à son compte ou trouver un employeur.

Trouver un employeur se révéla impossible. A son annonce elle eut des propositions d’ordre sexuel. Ou des demandes de capitaux pour s’associer dans des projets incertains. Ou encore un architecte qui l’engagea. Sa voiture était en réparation, elle le transporta à travers ses divers rendez-vous dans des mairies. Elle avançait l’essence.
Au bout d’une à deux semaines, elle chercha dans le minitel son numéro d’inscription à l’ordre des architectes. Elle ne le trouva pas, et son soupçon se confirma. Une femme prit contact avec elle par téléphone pour lui expliquer qu’il lui avait déjà volé des chèques. Catherine réalisa que les repas payés par lui avaient été fait avec ces chèques. La femme portait plainte. Catherine témoigna.

Un maçon pas maçon et un employeur architecte non-architecte et qui volait des chèques…la coupe montait.

La solution restante était de faire quelque chose seule. Mais d’abord souffler.

Un ami lui proposa de passer la fin d’année dans sa famille. Elle accepta avec joie. Mais la mésentente était dans le couple et les fêtes se révélèrent accablantes pour tous. Enfin elle avait changé d’air.

De retour chez elle, elle tourna en rond quelque temps.

« Reprenons les choses à leur point de départ, se dit-elle, j’ai une maison, inconfortable soit, mais une maison avec jardin. Je sais faire plein de chose je l’ai déjà prouvé : secrétariat, comptabilité, vente. Personne n’en veut. C’est donc à moi d’en faire quelque chose. Mais quoi ?

« Je n’ai plus beaucoup d’argent devant moi. Le peu qu’il me reste il faut l’investir. Mais dans quoi ?

« Si j’étais resté dans l’autre province dans la maison précédente serait-ce mieux ? Ai-je eu tord de déménager et de changer de région ?

« Mais là-bas la situation économique était pire.

« Une autre région que celle-ci eut été mieux. Mais plus cher pour habiter. »

Dire qu’il lui restait un peu d’argent était un peu simpliste. Il lui restait seulement le droit à encore un certain découvert en plus.

L’emprunt contracté pour la maison tombait tous les mois et creusait le découvert. Aucun apport pour le couvrir depuis plusieurs mois. Les travaux qui avaient été plus cher que prévu. Les créanciers qui, il fallait se faire une raison, n’envisageaient nullement de la payer. Et puis il fallait bien manger tous les jours et mettre de l’essence dans la voiture. Pour se chauffer il suffisait d’aller chercher du bois dans les forêts alentour ou au cul des grandes surfaces.

Elle se décida la mort dans l’âme à aller voir une assistante sociale. Elle recevait entre 10H et 12H les mardi, mercredi et jeudi. L’attente ne fut pas trop longue puisqu’elle ne dura qu’une heure.

Elle s’était muni de tout ce qu’elle pouvait pour prouver sa situation : découverts, emprunt. Mais comment prouver qu’on ne touche rien ? Aucun papier ne peut le prouver.

Cela lui rappelait un peu sa mère née en France mais de parents italiens, qui avait du prouver qu’elle n’avait pas refusé la nationalité française à son mariage quand elle avait perdu sa carte d’identité française. Comment prouve-t-on une non-négation ?? De même comment prouve-t-on un non-revenu ??

Devant l’assistante elle développa ses arguments et montra ses papiers. Celle-ci lui demanda qu’elle était la source du montant qui figurait au crédit et d’un montant de 20 000 Frs. Catherine expliqua qu’elle avait prêté de l’argent en liquide à une amie qui le lui avait rendu en chèque.

Donc vous avez perçu 20 000 Frs.
Non Madame on m’a remboursé ce qu’on me devait.
Ca c’est vous qui le dites.
Mais regardez mes découverts et mes emprunts – car l’assistante n’avait pas l’air de daigner regarder ce qui venait en moins mais seulement en plus et encore moins les sommes des fin de colonnes.
Moi ce que je vois c’est que vous avez touché 20 000 Frs donc vous n’avez droit à rien. Et maintenant laissez-moi car il y a des gens qui attendent pour des raisons valables.

Catherine se leva, décontenancée, et partit.

Rentrée chez elle l’angoisse la prit. Fallait-il renoncer ? Fallait-il trouver de meilleurs arguments ? Mais lesquels ? Elle avait vraiment besoin d’une aide. Elle décida d’y retourner. Mais avant il fallait trouver d’autres papiers ou mieux expliquer ceux-ci.

Logiquement elle avait droit au RMI. Mais pour le demander il fallait passer par une assistante sociale et celle-ci était celle du secteur, donc pas d’autres recours.

Elle y retourna le mardi suivant. L’attente fut plus courte. Regonflée par sa réflexion du week-end elle reprit de nouveaux arguments en montrant le tableau qu’elle avait fait et qui montrait ses dépenses et ses découverts.

En fait vous avez droit à l’allocation logement pour votre emprunt de maison. Je remplis les papiers. Pour le RMI vous n’avez droit à rien puisque vous avez touché 20 000 Frs. Et d’ailleurs vous allez écrire en bas de cet imprimé « j’ai touché 20 000 Frs ».
Alors, aussi que c’est une dette que l’on m’a remboursée.
Ca vous ne pouvez pas le prouver alors ce n’est pas la peine de l’écrire. Maintenant datez et signez. Et vous pouvez sortir car je ne peux rien faire de plus pour vous et ce n’est pas la peine de revenir.

L’abattement vint sur elle.